Pourquoi s’asseoir les jambes croisées ? L’histoire et les effets d’un geste féminin devenu réflexe
Cette position, adoptée presque sans y penser, est bien plus qu'une simple habitude. Elle puise ses racines dans des siècles de codes sociaux et répond à un besoin profond de confort et de sécurité. Découvrez ce que ce geste révèle de nous et comment l'adapter pour préserver notre bien-être.
Une habitude façonnée par les siècles, bien au-delà du simple agrément
Pendant des générations, la manière de s’asseoir pour une femme relevait d’un langage social codifié, bien avant d’être une question de détente. À une époque où les jupes longues étaient la norme, rapprocher les genoux ou croiser les chevilles était un moyen d’afficher sa retenue et son éducation, tout en préservant sa pudeur.
Cette manière de se tenir traduisait également une certaine manière d’habiter l’espace. Alors qu’une posture ouverte et large était valorisée chez les hommes, les femmes intégraient souvent, sans même s’en rendre compte, l’art de la discrétion. Aujourd’hui encore, que l’on porte un jean ou une robe, ce réflexe demeure, comme une réminiscence silencieuse de conventions ancestrales.
Les raisons profondes de ce qui semble si instinctif
Outre l’influence culturelle et éducative, il y a une dimension purement sensorielle. Pour nombre d’entre nous, croiser les jambes apporte une sensation de stabilité et d’ancrage au niveau du bassin. Sur le moment, cette posture peut procurer un réel sentiment de réconfort et de sécurité, particulièrement lors de longues périodes en position assise.
Une composante émotionnelle entre aussi en jeu. Replier les membres est un mouvement souvent lié à un réflexe de protection. Sans même en avoir conscience, notre corps adopte une attitude qui le rassure, spécialement dans des contextes qui génèrent du stress ou de l’inconfort.
Les conséquences à long terme sur notre organisme
Si cette position paraît agréable dans l’instant, la conserver trop longtemps n’est pas sans effets. Maintenir les jambes croisées de manière prolongée peut engendrer des déséquilibres posturaux subtils. Une hanche se soulève légèrement, ce qui peut provoquer des tensions lombaires ou une gêne localisée d’un seul côté.
Certaines peuvent également ressentir des fourmillements ou un engourdissement après un moment dans cette posture. Il ne s’agit pas de signaux d’alerte majeurs, mais plutôt de rappels gentils de notre corps pour nous inviter à bouger, à nous étirer ou simplement à varier les positions.
La position dite « idéale » : un retour à la simplicité
Nos aînées avaient parfois des conseils empreints d’une grande sagesse pratique. « Pose tes deux pieds à plat » n’était pas qu’une leçon de bienséance. S’asseoir avec les plantes des pieds bien ancrées au sol, écartées de la largeur du bassin, permet une répartition optimale du poids et encourage un alignement corporel plus harmonieux.
Cette posture favorise également une meilleure stabilité, engage en douceur les muscles profonds du tronc et offre une sensation d’être bien installée. Aujourd’hui, nous parlerions de principes ergonomiques, mais le fond reste identique : honorer la mécanique naturelle de notre corps.
Adopter le changement en douceur, sans contrainte
Si vous avez toujours eu l’habitude de croiser les jambes, inutile de vous l’interdire brutalement. La clé réside dans la variété. Vous pouvez, par exemple, opter pour le croisement des chevilles plutôt que des cuisses, ce qui limite les torsions tout en gardant une silhouette élégante.
Apprenez surtout à être à l’écoute de vos sensations. Si une envie de bouger se fait sentir, levez-vous quelques instants, faites quelques pas, étirez-vous doucement. Parfois, le besoin de croiser les jambes indique simplement que votre siège est trop haut. Un petit tabouret sous les pieds peut alors tout changer.
Et si nous décidions enfin de notre propre confort ?
Croiser les jambes n’est ni une erreur ni un dû. C’est une pratique, modelée par l’histoire, la société et notre vécu personnel. La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui, nous avons le pouvoir de choisir ce qui nous convient vraiment.
Dans une vie où nous passons tant de temps assises, peut-être que le geste le plus libérateur — poser délibérément les deux pieds au sol et prendre une grande inspiration — constitue aussi un acte simple de bien-être au quotidien et de posture assise féminine bienveillante envers soi-même.
